🕒 Temps de lecture : environ 10 minutes
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Le Zillertal est une vallée du Tyrol autrichien qui a beaucoup à offrir durant l’été. Que vous soyez adepte de randonnée à pied ou à vélo, de sports extrêmes ou de quiétude, la destination est idéale pour les amoureux de la montagne. L’aventure vous attend. Un groupe d’ambassadeurs et d’experts enthousiastes d’A.S.Adventure est parti en reconnaissance. Ils nous font le récit de cet Explore Camp Zillertal .
"May your trails be crooked, winding, lonesome, dangerous, leading to the most amazing view. May your mountains rise into and above the clouds."
« Que vos chemins soient tortueux, sinueux, solitaires, dangereux et qu’ils mènent à la vue la plus époustouflante. Que vos montagnes s’élèvent dans et au-dessus des nuages. »
(Edward Abbey)
Tout commence par une petite ligne à l’horizon, derrière laquelle se trouve la crête du Kleiner Riffler. En un rien de temps, une lueur orange réchauffe tout le paysage. Et quel paysage ! L’un de ces panoramas tout droit sortis d’un magazine de voyage. En se levant, le soleil pare de rayures les imposantes montagnes trimillénaires qui nous entourent et leurs glaciers majestueux. Un réservoir turquoise scintille en contrebas. Les nuages se rassemblent en dessous de nous dans des représentations toujours changeantes, se dissipant aussi vite qu’ils se sont formés.
Autour de nous, tous les participants de l’Explore Camp sont cois. L’ascension n’est pas une sinécure, ceux qui y étaient en ont bien conscience. Ces paysages montagneux incitent habituellement plutôt à un jodle spontané et à l’échange rapide d’un « berg heil! » (salut montagnard), une manière locale de se saluer sur un sommet, qui est aujourd’hui plutôt remise en question. Mais durant le lever du soleil, tout le monde se tait, empli d’admiration pour la montagne et reconnaissant d’avoir, en tant qu’humain bien vulnérable, le privilège d’y passer un peu de temps.
« Au lever du soleil sur le Petersköpfl, tout le monde se tait, empli d’admiration pour la montagne. »
Maintenant, nous savons pourquoi nous avons quitté avant l’aube nos sacs de couchage, roulés dans une pièce encore pleine de dormeurs. Pourquoi, encore tout ensommeillés, nous avons trébuché sur des rochers et traversé des étendues de neige. Pourquoi, lors de notre ascension, nous avons louvoyé entre les excréments de marmottes à la lueur d’une lampe frontale. Au milieu des cairns érigés sur le Petersköpfl, à 2 679 mètres d’altitude, la réponse est évidente.
Deux jours plus tôt, nous arrivions en train dans le Zillertal, une vallée des Alpes autrichiennes. L’environnement répond au parfait cliché alpin. Des églises étroites aux clochers rouges, des vaches localisées sur les vastes étendues herbeuses grâce au tintement de leur cloche, une rivière limpide qui s’écoule dans le village. Le Zillertal est réellement le cadre idéal pour des vacances actives. C’est un lieu où, dixit l’office du tourisme autrichien, « l’expérience devient aventure ».
Et nous pouvons bien l’imaginer. Les panoramas à eux seuls sont une invitation à la randonnée, à enfiler ses chaussures de randonnée ou à enfourcher le VTT le plus proche. L’été, vous pourrez y pratiquer la randonnée, le vélo, et l’escalade ou vous baigner dans un environnement irrésistible. Les adeptes de randonnée en particulier apprécieront les plus de 1 400 kilomètres de chemins de randonnée, de tous niveaux de difficulté. Envie d’une promenade tranquille sous le soleil de la vallée ? C’est parti ! Vous préférez un trekking avec nuitée en refuge au sommet des montagnes sauvages ? C’est également possible !
Plusieurs chemins de grande randonnée traversent les Alpes de Zillertal. Nous songeons au Berliner Höhenweg, à la traversée transalpine – depuis le Tegernsee via l’Achensee et le Zillertal jusqu’à Sterzing – ou encore à la Peter Habeler Route. Cette dernière porte le nom de l’alpiniste local le plus célèbre, qui a été le premier à faire l’ascension du mont Everest sans bouteille d’oxygène avec Reinhold Messner, son compagnon italien.
Avec ses 420 kilomètres carrés, le vaste parc naturel des Alpes de Zillertal occupe environ 40 % de la vallée. Depuis le hameau de montagne de Ginzling jusqu’au Hochfeiler, un rocher de 3 510 mètres de haut qui délimite la région italienne du Tyrol du Sud, la biodiversité est énorme. Parmi les autres montagnes connues, citons le Löffler, le Schwarzenstein et le Möseler. On accède aux cinq vallées latérales du parc naturel par de profondes gorges débouchant sur de vastes et incroyables alpages. Cette région accidentée, merveilleusement paisible, fait ainsi contrepoids au tourisme dans les vallées. Avec un peu de chance, vous pourrez y observer des marmottes et des bouquetins de près. Est-ce que la région est vraiment calme ? Pas toujours ni partout, mais nous y reviendrons plus loin.
« Le parc naturel des Alpes de Zillertal fait contrepoids au tourisme dans les vallées. La biodiversité est énorme. »
Toute rencontre avec la montagne est mémorable, mais lorsque vous voyez soudainement ces géants émerger majestueusement de la fenêtre de votre train, le sentiment est encore plus intense. Le Zillertal est parfaitement accessible en train depuis la Belgique, tant en train de nuit que de jour. Nous avons voyagé de Bruxelles à Jenbach, la porte du Zillertal via Francfort et Munich. Prendre le petit-déjeuner à la maison et se retrouver à la montagne l’après-midi est donc tout à fait possible... Sur le chemin du retour, nous avons manqué une correspondance à Munich, mais la Deutsche Bahn a rapidement et efficacement trouvé une solution qui convenait à tous.
Au bout du Tuxertal, contigu au Zillertal, un téléphérique se dresse presque verticalement. Quelques instants plus tard, nous voilà sur le glacier de Hintertux. Une demi-heure plus tôt, nous profitions encore de la chaleur du soleil dans la vallée et voilà que maintenant, skieurs et snowboardeurs en nombre nous frôlent de tous côtés. Avec celles du Zermatt, en Suisse, ce sont les seules pistes de ski ouvertes 365 jours par an. Cependant, nous n’y sommes pas pour ce qui se passe en surface. Nous explorons successivement le Palais des glaces naturel, un complexe souterrain de chambres et de tunnels naturels et artificiels, et la grotte de Spannagel.
Depuis la terrasse de toit panoramique, on peut voir le lac Schlegeis, près d’un kilomètre et demi en contrebas. L’eau azurée de ce lac artificiel est retenue par un barrage. Une vision tellement tranquille. Nous étions loin de nous douter qu’un jour plus tard, nous découvririons le lieu d’une autre manière... La peur au ventre et le cœur battant la chamade, nous nous rendons en effet au Flying Fox, un death ride à 130 mètres au-dessus de la verte vallée et qui longe le barrage. Harnais fixé, câble attaché et c’est parti... Hii-haa ! L’angoisse initiale fait vite place à l’euphorie au cours de cette descente de 600 mètres de long. « Beau parcours », s’est exclamé le Néerlandais de l’équipe à l’issue de l’expérience. Tout le monde est ravi.
« Le « giant swing » n’est pas une gentille escarpolette sur laquelle vous pouvez vous balancer doucement en admirant la vallée. C’est un saut à l’aveugle dans le vide. »
À la vue de la « giant swing », le tumulte s’apaise quelque peu. Ce n’est pas une gentille escarpolette sur laquelle vous pouvez vous balancer doucement en admirant la vallée. Ce saut à l’aveugle dans le vide a suscité de vives réactions chez les participants à expédition. L’un d’eux se souvient qu’il a des enfants qu’il ne peut laisser sans père, tandis qu’un autre propose gentiment de s’occuper des photos.... Un troisième se maudit de s’être goinfré au buffet du petit-déjeuner ce matin-là. Les harnais sont encore imbibés de la sueur des sauteurs précédents. Les plus courageux parmi les membres de l’expédition font le grand saut. Chapeau bas !
En parcourant les sentiers de montagne qui serpentent depuis le lac Schlegeis, c’est une autre montée d’adrénaline que nous expérimentons... Certains de ces chemins sont empruntés depuis l’Antiquité. Nous choisissons de nous rendre au Friesenberghaus, un refuge de montagne à 2 498 mètres d’altitude. Ici, les randonnées ne sont pas quantifiées en kilomètres, mais plutôt en heures de marche ou en mètres de dénivelé. Une distance apparemment minime peut cacher une multitude de paysages, depuis les forêts de conifères jusqu’aux glaciers et tout ce qui se trouve entre les deux.
Pas un bruit, même pas le souffle du vent ne perturbe le silence. Un peu plus loin, toutefois, l’on peut percevoir un bruit blanc. Il ne s’agit pas du bruit d’une autoroute, comme en Belgique, mais bien de fleuves glaciaires et de chutes d’eau. L’eau se déverse de la montagne avec une immense puissance. Une zone de quiétude, pensez-vous ? Détrompez-vous. Il n’est pas étonnant que les centrales hydroélectriques fournissent la majeure partie de l’électricité en Autriche. Nous remplissons nos gourdes d’eau glacée et buvons goulûment. Quel bonheur !
« Nous remplissons nos gourdes d’eau du fleuve glaciaire et buvons goulûment. Quel bonheur ! »
Nous marchons d’abord au milieu des pins et sapins. À la sortie de la pinède, nous traversons un alpage verdoyant sur des chemins de planches tout en gardant la vue sur la vallée, les montagnes qui nous entourent et le lac en contrebas. Il est difficile de résister à la tentation de se retourner dans chaque virage pour profiter de la vue. Le meilleur peintre paysagiste ne pourrait rendre un tableau plus pittoresque ! C’est peut-être pour cette raison que nous sommes en retard sur notre programme de randonnée. À la traversée d’une crête, nous clignons des yeux et suivons du regard le chemin qui serpente vers le haut de la colline. Nous apercevons le Friesenberghaus, notre refuge camouflé au milieu des rochers. En consultant nos montres de sport, le verdict tombe : nous ne sommes qu’à mi-chemin !
Une fois au refuge, nous nous délectons d’une bière fraîche et d’un repas chaud. Des assiettes fumantes de soupe aux champignons nous sont servies, un repas de terroir sain qui nous permet de recharger les batteries. Dîner dans un refuge de montagne en Autriche, c’est un peu comme rendre visite à votre grand-mère. Les portions sont gigantesques et le chef semble y prendre un plaisir presque sardonique. Nous abandonnons à quelques bouchées de la fin. « Tiens, un combattant », dit sèchement la serveuse en débarrassant nos assiettes.
Après le repas, schnaps – sorte de « tequila tyrolienne » aidant – nous fraternisons avec le personnel du Friesenberghaus. Gérer un refuge de montagne n’est pas une sinécure ! « Une fois l’hiver terminé, la préparation pour la saison estivale ne nécessite pas moins de dix jours », explique Florian, l’exploitant. « Il faut trois jours avant d’avoir de l’eau qui coule au robinet. Nous devons d’abord localiser la source et ensuite creuser dans cinq à dix mètres de neige. » Le refuge est quasiment autonome. L’énergie provient de panneaux solaires, l’eau du glacier. Un ingénieux système de filtrage permet d’épurer les eaux usées. Pour l’approvisionnement, le Friesenberghaus doit toutefois toujours compter sur la vallée. Le lendemain, nous découvrons comment un hélicoptère livre un « colis » de plusieurs tonnes.
« Gérer un refuge de montagne n’est pas une sinécure ! « Pour obtenir de l’eau au robinet après l’hiver, nous devons creuser dans cinq à dix mètres de neige », explique Florian, l’exploitant. »
Le soleil disparaît derrière les montagnes. Plongés dans une odeur de sueur, les randonneurs profitent de l’esprit de camaraderie. Ici, tout le monde est venu pour la même raison : l’amour de la montagne. Et même si nos muscles nous font souffrir, le souvenir d’une journée parfaite au grand air d’altitude nous fait oublier les efforts déployés. Nous pourrions facilement envisager de vivre jusqu’à cent ans dans le Zillertal... Le Friesenberghaus n’aurait-il à tout hasard pas besoin de quelqu’un pour cuire les schnitzels ?
En dépit de sa popularité auprès des touristes été comme hiver, le Zillertal demeure une destination à dimension humaine. Ici, pas de chaînes d’hôtels gigantesques où vous avez besoin d’une carte d’orientation pour aller de votre chambre au restaurant, mais bien des petits hôtels familiaux où vous êtes plongés dans un bon bain chaud - au propre et/ou au figuré – après chaque journée épuisante en montagne.
Le site Tirolerhof à Tux est ce genre d’endroit. L’hôtel de style tyrolien affiche néanmoins une touche contemporaine et moderne. Les chambres sont impeccables et depuis la piscine, vous jouissez d’une vue sur les verdoyants alpages. Avez-vous déjà fait des longueurs en observant les vaches ?
Après une dure randonnée en montagne, vous avez amplement mérité votre séance de jacuzzi sur la terrasse de toit, en dégustant un bon cocktail. En dépit des nombreuses chambres, l’hôtel Tirolerhof n’est jamais impersonnel. Les nombreux espaces et recoins de détente et la réelle gentillesse du personnel toujours disposé à papoter y sont bien sûr pour quelque chose.
Cet article vous a convaincu de boucler vos valises et de vous rendre dans le Zillertal ? Visitez aussi le Palais des glaces naturel du glacier d’Hintertux.
Pour ceux qui ne sont pas encore tout à fait sûrs d’eux en montagne, notre expert passe en revue tous les éléments de cette série « randonnée en montagne pour les débutants ».